Compte-rendu de la conférence “Forgotten Routes: approches socio-historiques des origines de la mondialisation néolibérale”
Le 20 février 2026, la conférence annuelle de l’équipe de recherche Mondialisation sous tension, intitulée “Forgotten Routes: approches socio-historiques des origines de la mondialisation néolibérale”, s’est tenue à l’UQÀM.
À cette occasion, Yohann Morival (Université de Lille), Karim Fertikh (Université de Strasbourg), Léo Corbel (Université de Strasbourg), Paul-Malo Winsback (Université de Grenoble), Alice Chessé (Université McGill), Pablo Barnier-Khawam (Sciences-Po), Médéric Martin-Mazé (Université Paris 8), Arthur Kramer (EHESS) et Romain Lecler (UQÀM) ont présenté leurs articles rédigés dans le cadre d’un projet de dossier pour la revue Globalizations.
Ce projet collectif part d’un constat largement débattu dans les sciences sociales : assistons-nous aujourd’hui à la fin de la mondialisation ? Face à cette interrogation, les intervenants proposent de déplacer le regard vers les origines du phénomène, afin de mieux comprendre ses dynamiques contemporaines. La mondialisation ayant fait l’objet d’un grand nombre de travaux, et ce, dans de multiples disciplines des sciences sociales, elle apparaît souvent comme un phénomène très bien balisé dont la chronologie serait largement établie et détaillée. Les neuf intervenants ont souhaité, au travers de leurs papiers, apporter un regard neuf et faire un pas de côté par rapport aux récits dominants.
Pour ce faire, les contributions présentées mobilisent une approche socio-historique, qui consiste à analyser les configurations passées, les acteurs et les unités parfois oubliés afin de mieux comprendre les formes actuelles de la mondialisation. Dans cette perspective, les différents travaux décentrent le regard en s’intéressant à des objets, des lieux ou des collectifs relativement peu étudiés dans la littérature. Ils examinent notamment des institutions, des espaces professionnels, des réseaux d’acteurs ou encore des dispositifs administratifs qui, bien que parfois considérés comme secondaires ou marginaux, ont contribué à structurer les dynamiques internationales.
Plus largement, les contributions mettent en lumière le fait que la mondialisation néolibérale ne s’est pas imposée de manière linéaire ou homogène. Au contraire, son émergence s’est inscrite dans un ensemble de débats, de projets concurrents et de tentatives parfois oubliées. Néanmoins, l’attention portée à ces initiatives, y compris à celles qui ont échoué, permet d’éclairer les dynamiques sociales et politiques qui ont structuré l’émergence et la diffusion de la mondialisation néolibérale.
En se penchant sur des unités variées, allant de l’analyse sociohistorique de la globalisation de la sécurité sociale à l’étude des clubs élitaires transnationaux, des clubs de directeurs de services juridiques, ou encore des salons de professionnels, le projet interroge les origines oubliées de la mondialisation et leur influence sur le présent. Il invite également à nuancer le regard univoque sur le phénomène et souligne l’intérêt d’étudier des « petits objets » pour mieux comprendre un macrophénomène.
La conférence s’est poursuivie par une discussion menée par la professeure Alex Tipei, qui a notamment souligné la diversité des acteurs et des enjeux soulevés dans les contributions présentées. Les professeurs Frédéric Mérand et Vincent Pouliot ont ensuite proposé plusieurs pistes de réflexion pour la poursuite du projet.
La conférence a ainsi ouvert de nouvelles perspectives pour approfondir la compréhension des trajectoires et des transformations liées à la mondialisation.